Cérémonie du 1er décembre 2025 de remise du Prix Philippe Vianay – Défense de la France
À Monsieur Antoine MORDACQ
pour LE MARTYRE DE GEORGES MANDEL (ED. PASSÉS/COMPOSÉS)
Au SÉNAT
La SFAADIR était représentée par Anne Cordier, présidente, et par Valérie Douchez-Josse
Le 1er décembre 2025 a eu lieu la remise du Prix Philippe Viannay – Défense de la France, au cours d’une cérémonie organisée au Sénat par la Fondation de la Résistance.
Le jury, présidé par l’historien Laurent Douzou, successeur de Dominique Veillon, et rejoint cette année par Lorraine de Meaux, auteure d’une remarquée biographie de Germaine Tillion, a décerné le prix 2025 à Antoine Mordacq pour Le martyre de Georges Mandel, 1940-1944 (Editions Passés/Composés).
Ouvrant la cérémonie, Gilles-Pierre Lévy, président de la Fondation de la Résistance, a rappelé l’origine de ce prix, créé en 1991 pour encourager les études sur la Résistance. Notant la diminution sensible du nombre de livres soumis à l’appréciation du jury en 2025 (six livres reçus au lieu de 15 environ d’habitude), il s’est inquiété d’un possible déclin des études universitaires dans ce domaine pourtant décisif de l’histoire contemporaine.
Fabrice Grenard, directeur historique de la Fondation de la Résistance, a ensuite présenté l’ouvrage d’Antoine Mordacq, fruit d’une enquête minutieuse dans des archives inédites, qui commence en juin 1940, quand Georges Mandel cesse d’être ministre, et prend fin en juillet 1944 lorsqu’il est assassiné par la Milice dans la forêt de Fontainebleau.
Au cours de son intervention, l’auteur, par ailleurs commissaire de police, a évoqué l’« acharnement » du régime de Vichy contre Georges Mandel, résistant dès juin 1940 et qui, des prisons de Vichy – il fut condamné à la prison à vie en 1941 – au camp de Buchenwald, où il fut détenu avec Léon Blum, incarne selon Antoine Mordacq l’esprit de la Résistance. Décrivant les « quatre années de calvaire » subies par Georges Mandel, qui connut entre 1940 et 1944 pas moins de quinze lieux de détention successifs, Antoine Mordacq a commenté l’antisémitisme dont fut à l’évidence victime Georges Mandel dès l’origine et la « haine personnelle » qui le poursuivit de manière constante. Selon Antoine Mordacq, le sort terrible de Georges Mandel permet de comprendre à la fois les raisons de l’effondrement de la IIIe République et la fragilité de la légalité républicaine.
